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Romina Ashrafi Victime crime honneur iranCSDHI - Une jeune Iranienne de 13 ans a été décapitée dans son sommeil par son propre père, après avoir tenté de s'enfuir avec son petit ami. Romina Ashrafi est l'une des victimes des crimes d'honneur en Iran, qui sont sanctionnés et institutionnalisés par les lois du régime clérical.

Les faits se sont produits dans une petite ville d'environ 5 000 habitants dans la ville de Talesh, au nord de la province de Gilan.

La victime, s'était enfuie de chez elle, à la suite de l'opposition de son père à ce qu'elle épouse un sunnite dont elle était « tombée amoureuse », selon les médias iraniens locaux.

Mais elle a été retrouvée et renvoyée chez elle par la police. Elle avait pourtant supplié la police de ne pas la renvoyer chez son père, insistant sur le fait que celui-ci était une personne instable et que sa vie était en danger chez elle.

Dans la nuit du 21 mai 2020, alors que Romina Ashrafi dormait, son père a pris une faucille et lui a coupé la tête à l'arrière du cou.

Après avoir tué sa fille, le père, faucille à la main, s'est rendu au poste de police et a avoué le meurtre.

Le père de Romina Ashrafi a été arrêté, a déclaré mardi le gouverneur de Talesh à l'agence de presse officielle IRNA, ajoutant que « les détails de cette affaire seront rendus publics après la procédure judiciaire. »

Selon le Code pénal du régime clérical, le père de Romina ne sera pas passible de la punition courante de « la loi du Talion » (Qisas), qui est régulièrement infligée aux personnes reconnues coupables de meurtre.

L'article 220 du Code pénal islamique stipule : « Le père ou le grand-père paternel qui tue son enfant… ne sera condamné qu'à payer l'argent du sang à l'héritier de la victime ». Ce qui signifie que la "loi du Talion" ne s'applique pas aux infanticides lorsqu'ils sont commis par le père de la victime.

Le meurtre a été largement condamné par les Iraniens sur les réseaux sociaux, provoquant un débat acharné sur les crimes d'honneur en Iran qui sont tolérés par la Constitution.

Une affiche annonçant la mort de Romina Ashrafi a été largement diffusée sur les réseaux sociaux avec le nom de son père , en tant que "personne endeuillée".

L'annonce a créé une vague de haine et de critiques parmi les utilisateurs des médias sociaux.

En même temps, le site Internet Maidan a interviewé l'homme qui s'était enfui avec Romina. Son nom est Bahman Khavari et il a 28 ans.

Les chiffres exacts des crimes d'honneur en Iran sont inconnus. En 2014, un haut responsable de la police de l'époque a déclaré que les crimes d'honneur représentaient 20 % des cas de meurtre dans le pays.

« Selon les statistiques, en 2013, 18,8 % des homicides étaient motivés par des excuses liées à l'honneur et à la religion, et les provinces du Khouzistan, du Fars et de l'Azerbaïdjan oriental font partie des provinces qui comptent le plus grand nombre de ces homicides », a rapporté Khabar Online.

Le 13 mai 2020, juste six jours avant le meurtre de Romina Ashrafi, la campagne des activistes baloutches a rapporté que Hajareh Hosseinbor, une jeune femme balouche, avait été assassinée par son mari. Les proches de son mari ont décrit ce meurtre comme un crime d'honneur, mais les proches et les voisins de Hosseinpor ont affirmé que son mari était un drogué et qu'il la battait.

Hajareh vivait dans la ville de Gasht, à 65 kilomètres de la ville de Saravan dans la province du Sistan-Baloutchistan (sud-est de l'Iran). Elle a étudié jusqu'en 8ème année et n'a pas été autorisée à terminer le lycée. Elle a été obligée de se marier à 16 ans. Elle a eu un fils de deux ans.

Hajareh était régulièrement battue à la maison par son mari, Esmail. Il la battait et brûlait avec un fil sous tension. Elle en avait parlé à sa famille à plusieurs reprises, mais ils l'ont ignorée et n'ont pris aucune mesure.

Enfin, dans la soirée du 4 mai 2020, juste après le coucher du soleil, Esmail a traîné Hajareh hors de leur maison. Quelques heures plus tard, il a abandonné son corps à moitié mort et battu devant un hôpital et s'est enfui.

Une infirmière de l'hôpital a déclaré que lorsque Hajareh a été emmenée à l'intérieur, son tube digestif avait été brûlé par de l'acide ingéré. Elle était pratiquement inconsciente et pouvait à peine respirer. Sa tête était pleine d'épines et ses bras et ses mains avaient été frappés par des pierres.

Selon cette infirmière, en raison de l'acide ingéré, Hajareh n'avait plus de dent et beaucoup de ses os avaient été cassés, ont rapporté les médias officiels, le 23 mai 2020.

Non seulement la violence contre les femmes, la violence domestique et les crimes d'honneur n'ont pas été criminalisés dans la Constitution et d'autres lois du régime des mollahs en Iran, mais ils sont sanctionnés et institutionnalisés.

Source : Iran HRM