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manifestations économie iranCSDHI - Il y a un peu plus d'un mois, le gouvernement iranien a traversé la crise politique la plus grave que ses dirigeants aient connue au cours des 40 dernières années. Les responsables continuent de se prévenir mutuellement contre les manifestations à venir qui seront beaucoup plus profondes et plus fortes car la cause des revendications des citoyens n’est pas résolue.

Le 14 décembre, le journal officiel « Arman » a souligné que l'augmentation des problèmes des gens « pourra, à l’avenir, avoir des conséquences dangereuses ». Ce journal a poursuivi : « Augmenter le taux d'inflation et de chômage dans toute société entraîne une augmentation des préjudices sociaux. Lorsque les gens perdent espoir en leur avenir et que les citoyens ne peuvent pas imaginer un bel avenir pour eux-mêmes et leurs enfants, les problèmes nerveux et psychologiques de cette société atteignent leur plus haut niveau. De nos jours, les informations concernant les détournements de fonds et la méfiance à l’égard des autorités dans leur prise de décisions ont réduit la tolérance des gens. » Par la suite, Arman a averti les autorités que « cette [colère publique] pourrait être la plus grande menace pour notre jeune société », si les problèmes ne sont pas résolus.

Cependant, alors que l’Iran n’a pas d’option substantielle pour compenser le déficit budgétaire de l’année prochaine et a déclenché une nouvelle série de luttes intestines entre différentes factions, le gouvernement a doublé le budget de production de missiles. Le 14 décembre, l'agence de presse officielle Mehr a cité le directeur de l'Agence spatiale iranienne (ISA) Morteza Barari disant que le budget du secteur spatial du pays avait doublé pour l'année prochaine. L'agence spatiale iranienne se développe tandis que le peuple iranien est privé de ses besoins essentiels et lutte avec difficulté pour joindre les deux bouts. Barari a souligné que cette augmentation était envisagée pour les deux prochaines années. Il convient de noter que le programme de missiles du gouvernement iranien, sous prétexte d’activités spatiales, a donné des résultats très désastreux au cours des derniers mois.

Notamment, le 29 août, l'Associated Press a rapporté que la fusée du gouvernement iranien qui devait effectuer un lancement de satellite a explosé sur sa rampe de lancement au centre spatial Khomeini dans la province de Semnan. C'était la troisième tentative ratée de l'ISA cette année seulement. Ces investissements dans des projets aventureux ont lieu alors que l’ancien maire de Téhéran a admis plus tôt que plus de la moitié des habitants de la capitale passait leurs nuits, affamés.

D'un autre côté, le dernier rapport du Centre des statistiques d'Iran a révélé que l'indice de misère du pays est passé à 39 % au cours de l'hiver 2018 alors qu'il était de 19,4 % lors de l’hiver 2016. Le Fonds monétaire international (FMI) prévoyait que le taux d’inflation de l’Iran serait de 37,2 % pour l’année en cours. Le FMI a également annoncé que le taux de chômage était de 13,9 % en 2018 et a prévu qu'il atteindrait 15,4 % cette année et culminerait à 19,4 % en 2024.

En conclusion, non seulement les autorités iraniennes n’ont pas pris de mesures pour résoudre les problèmes de la population mais elles insistent également sur leurs misérables politiques de mauvaise gestion qui ont entraîné une grande pauvreté et qui constitue un désastre pour la population. En fait, le gouvernement n’a laissé aucune option aux Iraniens, sauf une révolte contre le système de ce gouvernement corrompu qui paie le prix de son comportement malveillant dans la région au détriment des classes pauvres et démunies de la société iranienne.

« Aujourd'hui, la société est remplie de crises… Aujourd'hui, ni le réformisme ni le principalisme ne peuvent être la référence politique. Aucune de ces polarisations ne représente des gens ordinaires. C'est la raison du chaos des classes inférieures de la société et ce n'est que le début de l'histoire ! », a déclaré le 15 décembre le sociologue et analyste des questions sociales, Ebrahim Fayaz.

Source : Iran Focus