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manifestations octobre iranCSDHI - Selon des informations rassemblées en octobre par des sources affiliées à la Résistance iranienne, plus de 204 manifestations ont été organisées dans 59 villes et 24 provinces d'Iran, avec une moyenne de sept manifestations par jour.

Il y a eu plusieurs fêtes religieuses en Iran en octobre, ce qui expliquerait le nombre moins élevé de manifestations par rapport au mois précédent, en particulier de la part des travailleurs et des enseignants.

Les travailleurs

Les travailleurs ont organisé 103 manifestations en octobre en Iran dans 29 villes, zones commerciales, villes industrielles et 18 provinces, avec une moyenne de trois manifestations par jour.

Certaines des manifestations les plus importantes ont été organisées par des travailleurs d’Azarab Industries à Arak, dans l’ouest du pays. Les travailleurs réclamaient leurs salaires et la fin de la privatisation qui, selon eux, a détruit l'entreprise.

Les forces de sécurité ont battu et arrêté des dizaines de travailleurs d'Azarab lors de leurs manifestations pacifiques. De nombreux travailleurs ont été blessés et des images de leur visage et de leurs corps ensanglantés ont été publiées sur les médias sociaux. Le procureur d'Arak a confirmé que 21 travailleurs d'Azarab avaient été arrêtés.

La police a également attaqué l'usine, où les travailleurs s'étaient réfugiés, brisant les vitres de la façade. Les agents ont détruit les caméras de sécurité de l'usine. Ils ont forcé tous les travailleurs à sortir en tirant des grenades lacrymogènes. 

Les travailleurs de l'usine de canne à sucre Haft-Tappeh, située dans la ville de Suze, dans le sud-ouest du pays, ont fait grève en octobre pour demander que 20 de leurs collègues licenciés soient réhabilités. Ils ont appelé à la fin du harcèlement des travailleurs et militants et à la fin de la privatisation de l'usine.

Epargnants spoliés

Les épargnants spoliés de diverses banques de crédit affiliées au régime ont organisé des manifestations le 6 octobre dans quatre villes et trois provinces. Parmi ceux-ci figuraient les épargnants victimes du Crédit Caspian lié aux pasdarans, du Crédit Samen al-Haj et les investisseurs du projet de logements Mehr à Qarchak.

Les retraités

Les retraités ont organisé des manifestations dans trois villes de province. Ils réclamaient leurs pensions en retard et une assurance.

Les enseignants

Les enseignants ont organisé trois rassemblements dans trois villes de provinces. Parmi ceux-ci, des enseignants du Lorestan, dans l'ouest de l'Iran, ont manifesté contre le changement de leur statut professionnel. 

Des enseignants d’Ispahan et de Tabriz, dans le nord-ouest de l’Iran, se sont également réunis pour réclamer leurs primes.

Les marchands du bazar

Les marchands du bazar et les commerçants ont organisé trois manifestations à Téhéran. Il s’agissait notamment des actionnaires du marché boursier qui se sont réunis devant le ministère de l'Economie et des Finances, contestant les nouvelles directives pour le marché boursier qui a causé des pertes aux actionnaires.

De plus, un grand nombre de distributeurs de téléphones cellulaires dans le centre commercial Aladdin de Téhéran se sont rassemblés contre le monopole du régime sur le marché des téléphones mobiles.

Les autres groupes

Au mois d'octobre, d'autres groupes ont manifesté dans 26 villes de 20 provinces.

Les manifestations les plus importantes ont été organisées par des centaines de villageois et d’habitants de Lordegan, dans le sud-ouest de l'Iran, après avoir découvert qu’environ 500 villageois de Chenar-Mahmoudi, y compris des enfants, avaient été infectés par le VIH à la suite de l'utilisation d'aiguilles contaminées par un dispensaire local.

Des manifestants en colère se sont heurtés à la police anti-émeute envoyée d'autres régions pour réprimer les manifestations. Les manifestants ont incendié le bureau du gouverneur, le dispensaire responsable de l’épidémie et le bureau du représentant du Guide suprême du régime, Ali Khamenei.

Ils ont scandé : « A bas le dictateur », « Ni Gaza et ni Liban, je donne ma vie pour l'Iran », et ils ont exigé des poursuites contre les responsables de l'infection par le VIH. Les affrontements se sont poursuivis plusieurs jours. La police antiémeute et les forces de sécurité ont arrêté un grand nombre d’habitants de Lordegan.

Les habitants d"Ispahan, dans le centre-ville, ont également organisé une manifestation de soutien à Lordegan.

Les étudiants

Des étudiants ont organisé des manifestations le 12 octobre dans huit villes de provinces. Certaines de ces manifestations étaient les suivantes :

Les étudiants de l'université des technologies de pointe de Qouchan ont manifesté trois jours contre les frais de scolarité élevés.

Des étudiants de l'Université Khomeini à Qazvin se sont réunis sur le campus de l'université pour exiger la fin de la ségrégation sexuelle à l'université.

Deux jours de manifestation organisée par des étudiants de l’Université des sciences et de la technologie de Téhéran, après qu’au moins 70 étudiants aient été empoisonnés par la nourriture d’un restaurant.

Les étudiants de l’Université de Téhéran ont organisé un rassemblement demandant la fin des poursuites pénales à l’encontre des militants étudiants et syndicaux, des peines d’emprisonnement prolongées infligées à des militants et de l’interdiction pour les étudiants militants de poursuivre leurs études.

Un grand nombre d’étudiants de l’Université de technologie Amirkabir de Téhéran ont protesté et scandé contre les frais de scolarité élevés et la corruption au sein de la direction de l’université.

Les agriculteurs

Les agriculteurs iraniens ont organisé huit rassemblements de protestation en octobre dans quatre provinces.

Le rassemblement le plus important a été la manifestation de centaines d'agriculteurs d'Ispahan, dans le centre-ville, demandant la fin du transfert de l’eau de la rivière Zayandehrud dans le cadre du « plan Bon Borujen ». L’eau est en train d’être transférée pour faire fonctionner les usines du régime dans d’autres régions.

Les agriculteurs ont poursuivi leur mouvement de protestation pendant trois jours consécutifs et ont détruit les canalisations de transfert des eaux avec des chargeurs.

Les agriculteurs de la province de Golestan se sont également rassemblés pour protester contre le transfert des eaux de la mer Caspienne vers la province de Semnan.

Grèves de la faim dans les prisons iraniennes

Il y a eu huit cas de grève de la faim chez des prisonniers en octobre dans six prisons et six villes.

Certains de ces cas incluent :

Le prisonnier politique, Mohammad Mehdi Sajedi, dans la prison d'Evine a protesté contre son état de santé médiocre et le manque de traitement.

Morteza Nazari Sedhi, prisonnier politique, dans la prison d'Evine a protesté car sa femme n’a pas été transférée à la prison d'Evine.

Le prisonnier politique, Qader Mohammadzadeh, dans la prison centrale de Yazd a protesté contre ses 14 années d'incarcération sans permission.

Le prisonnier politique Eghbal Zarie à la prison de Saqez a protesté contre la non-exécution d’une ordonnance de libération.

Les prisonniers politiques Mehdi Farahi Shandiz et Reza Riazat dans la prison centrale de Karaj ont protesté contre les conditions de détention épouvantables.

La prisonnière politique et militante syndicale Atefeh Rangiz dans la prison de Qarchak à Varamin a protesté contre les accusations portées contre elle.

Des prisonniers de la prison de Mahabad ont protesté contre les abus commis par le nouveau directeur de prison.

Source : Iran News Wire