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Iran poverty lineCSDHI - Malgré le fait que le gouvernement iranien demande une croissance de 4,4 % pour l'économie du pays, un membre de la commission des Affaires économiques du Parlement a déclaré que 80 % de la population du pays vivent  sous le seuil de pauvreté. Pendant ce temps, un conseiller du Président des mollahs a également averti ses rivaux, déclarant : « nous sommes tous à bord du même bateau, et nous en pâtirons tous, si ce bateau coule ».

Alors que le Centre de statistiques de l'Iran affiche une croissance économique de 4,4 % pour les neuf premiers mois de l'année iranienne actuelle, il y a de plus en plus de rapports inquiétants sur la situation des personnes vivant sous le seuil de pauvreté.

« La performance du ministère du Travail, des Coopératives et du Bien-être social ces six dernières années nous a conduit au point que 80 % de la population vivent sous le seuil de pauvreté », explique Shahab Naderi, député, plaidant en faveur du ministre du Travail, lors de la session plénière du parlement, le 11 mars.

Auparavant, Ahmad Maydari, vice-ministre du travail, avait affirmé que deux millions de personnes souffraient de la faim dans en Iran. Pourtant, certains experts économiques iraniens, doutent de ce chiffre, le trouvant trop optimiste et affirmant que le nombre de personnes extrêmement pauvres atteint le seuil de cinq millions.

Naderi a ensuite évoqué les nombreuses violations commises par le ministère du Travail, la mauvaise gestion due à des nominations inefficaces, de personnes incompétentes et non spécialisées et des investissements inefficaces et peu rentables résultant des six années des travaux du ministère.

En tant que membre de la commission économique du Parlement, Naderi a accusé le vice-ministre du Travail d'annoncer un seuil de pauvreté artificiellement abaissé à 15 euros par mois, alors que le véritable seuil de pauvreté soit de 53 euros environ.

Le député a pointé à la fin de son discours les manifestations de janvier à l'échelle nationale, affirmant que « aujourd'hui, les jeunes sans emploi pourraient mener à des problèmes de sécurité ainsi qu’à des dommages sociaux dans la capitale ».

Pendant ce temps, Masoud Nili, conseiller économique de Rohani, a souligné, dans un entretien avec la presse officielle, la nécessité de sauver l'économie du pays en rétablissant la confiance publique, tout en prévenant l'explosion de protestations encore plus graves que celles de janvier, cette année.

Nili a averti que le soulèvement de janvier était un sérieux avertissement pour des protestations futures d'une plus grande ampleur.

« Les manifestations pourraient devenir plus importantes, plus fortes et plus généralisées. Les problèmes à petite échelle que nous voyons actuellement nous alertent. Vous pourriez ne pas avoir autant de chance la prochaine fois que de tels événements se produiront, et nous serions en grave danger si nous continuons à avancer dans cette direction », a déclaré Nili.

Le conseiller économique de Rohani a qualifié la situation du pays comme trop regrettable, en disant « aujourd'hui notre pays est comme un patient hospitalisé dans un état grave. Pendant ce temps, les proches du patient et les médecins se battent les uns contre les autres ».

Nili a comparé le pays à un navire transportant différents groupes rivaux, et a averti : « nous sommes tous à bord du même navire, donc si ce navire coule, alors nous en pâtirons tous ».

Précédemment, Hassan Khomeiny dans une interview au journal Arman avait déclaré que « ne pas répondre aux demandes de la population pourrait conduire à un effondrement du régime ».

« Au cours des derniers mois, exprimer sa déception et donner une image décevante et peu prometteuse de la société sont devenus ordinaires parmi les élites, le peuple et les activistes en ligne. Il semble que la réponse des autorités à de telles plaintes doit être rapide et appropriée, sinon les protestations et les plaintes pourraient se transformer en fureur et ressentiment, ce qui serait trop coûteux et pourrait un jour nous mener à un point de non-retour », a ajouté Hassan Khomeiny.

Source : Les droits de l’homme en Iran